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Film // Wonder Boy, d’Anissa Bonnefont

Wonder Boy est le premier long-métrage d’Anissa Bonnefont

Encore un documentaire sur la mode ? Oui, sauf que… non. Il est vrai que tout ou presque a déjà été écrit au sujet d’Olivier Rousteing. Comment il est devenu, à 24 ans, le second designer le plus jeune jamais nommé à la tête d’une maison de couture française (juste derrière Yves Saint Laurent et ses 21 ans pour Dior en 1957). Comment il est également devenu le premier designer français à comptabiliser un million de followers sur Instagram. Depuis ses débuts, le récit de sa carrière semble être une course au superlatif tant ce petit génie de la mode transforme en or tout ce qu’il touche. Le premier, le premier, le premier. Le plus, le plus, le plus. Le meilleur, le meilleur, le meilleur. Même ce qui est écrit à son sujet : il y a forcément une chance qu’il l’ait déjà instagramé avant.

Mais avec « Wonder Boy », Anissa Bonnefont l’accompagne dans un registre inédit : la quête de ses origines. Né sous X et adopté peu après sa naissance par un couple bordelais, Olivier Rousteing n’a jamais caché son envie de rencontrer ses parents biologiques. Et c’est justement ce parcours, entre deux essayages et autant de défilés, que la réalisatrice documente ici. Le résultat est une leçon de sensibilité. Filmé dans sa voiture, chez lui, au studio ou encore dans les bureaux de la DASS, Olivier Rousteing apparaît sous un jour encore plus touchant qu’à l’accoutumée. Habitué à se raconter sur les réseaux sociaux, il laisse Anissa Bonnefont mener la danse et nous entraîne avec lui dans l’attente, partageant ses craintes et ses espoirs.

Ce qui surprend tout d’abord, c’est le silence. Celui qui entoure le directeur artistique de la maison Balmain lorsqu’il se retrouve dans son appartement ou dans sa chambre d’hôtel. Mais aussi celui des employés de la DASS et du CNAOP qui l’accompagnent dans la découverte de son dossier d’adoption. Rien ne peut être dit au téléphone. Rien ne peut être divulgué en-dehors des pièces qui sont ouvertes à la consultation. Et face aux interrogations, le silence donc, ponctué de quelques réponses et en opposition directe avec le bourdonnement des backstages et autres événements auxquels le designer se rend en permanence. Plus qu’un énième documentaire sur la mode, Anissa Bonnefont signe un long-métrage sur l’humain, où les paillettes retrouvent leur côté accessoire.

Avec une délicatesse rare, la réalisatrice filme ici le créateur d’un œil bienveillant, dénué de tout voyeurisme. Un regard qui lui a notamment valu d’être nommée aux Césars en février dernier et de recevoir le Prix du Jury du Festival du Film de Tribeca 2020.   

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