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News // Gucci défilera deux fois par an et de manière aléatoire

Gucci embrasse un nouveau calendrier / Instagram @gucci

La crise du COVID-19 a affecté de nombreux secteurs et a été le déclencheur d’une prise de conscience qui se faisait attendre dans l’univers de la mode. Tandis que de nombreux designers et maisons (sans parler des acteurs de la chaîne de fabrication) se plaignaient depuis plusieurs années déjà de son rythme effréné, l’industrie de l’habillement ne semblait pas prête à changer. See Now, Buy Now, défilés mixtes, collections eco-conscious… plusieurs solutions avaient été offertes, sans succès.

Cependant, aujourd’hui de grands acteurs de la mode (y compris certaines maisons appartenant aux grands conglomérats) annoncent leur volonté de faire les choses à leur manière. Après Saint Laurent au début du mois de mai, c’est aujourd’hui au tour de Gucci de proposer un nouveau modèle. Si la griffe a prévu une téléconférence ce lundi, son directeur artistique Alessandro Michele a toutefois annoncé quelques directives via le compte Instagram de la maison florentine ce week-end. En italien et en anglais, le designer romain a ainsi publié quelques extraits de son journal, tenu durant le confinement. Il y exprime notamment des regrets quant à l’environnement (« We ravaged the sanctity of life, neglectful of our being a species. At the end of the day, we were out of breath. ») ainsi que son envie personnelle de changer d’approche (« As for me, in my own small way, I feel the urgent need to change a lot of things in the way I work. (…)The change I imagine involves the capacity to reconnect with the deepest reasons that inspired my entry into the fashion realm. I feel the need to renew a bond, purifying the essential by getting rid of the unnecessary. I crave the authentic motive of a choice. »).

Place à la slow-fashion ?

Mais avant tout, Alessandro Michele fait part de son envie de revenir à des fondamentaux qui ne soient pas dictés par des échéances qui ont tendance à ruiner la créativité de tout un chacun. (« In this renewed awareness, I feel the need of a different time, released from other-imposed deadlines that risk to humiliate creativity. A time that can stand still, awaiting; that can go through the gift of inactivity, slowly. A time that can bring forth the promise of an epiphany, and that can linger on the dream, on the play, on the prefiguration. A time that now, more than ever, is necessary to build new and more powerful narrations. ») L’idée ? Proposer une mode qui suivra son propre rythme, afin de présenter des collections quand elles seront prêtes, sans la pression d’un calendrier extérieur ou de la compétition avec d’autres maisons. Plus de présentations globales donc, mais une histoire racontée de manière personnelle et aléatoire. (« Therefore, I will abandon the worn-out ritual of seasonalities and shows to regain a new cadence, closer to my expressive call. We will meet just twice a year, to share the chapters of a new story. Irregular, joyful and absolutely free chapters, which will be written blending rules and genres, feeding on new spaces, linguistic codes and communication platforms. And beyond. I would like to leave behind the paraphernalia of leitmotifs that colonized our prior world: cruise, pre-fall, spring-summer, fall-winter. I think these are stale and underfed words. Labels of an impersonal discourse that lost its meaning. »)

Une déclaration qui arrive au moment où d’autres voix de la mode se sont également élevées afin de réclamer une cadence plus humaine. Le 12 mai dernier, un collectif emmené par Dries Van Noten publiait ainsi une lettre ouverte, demandant à ce que l’industrie transforme cette pause forcée dans son activité afin de rebooter son système. Les doléances sont claires : proposer des collections Printemps-Eté entre février et juillet et replacer les lignes Automne-Hiver d’août à janvier tout en réservant les soldes aux fins de saison. Les autres requêtes sont tout aussi sensées, à savoir : produire moins, voyager moins (en ayant notamment recours aux showrooms numériques) et repenser les défilés. Et la liste des signataires de cette pétition a tout d’un who’s who. Riccardo Bellini (PDG de la maison Chloé), Mary Katrantzou, Kate et Laura Mulleavy (Rodarte), Amy Smilovic (Tibi), Jack McCollough et Lazaro Hernandez (Proenza Schouler), Glenn Martens (Y/Project), Grace Wales Bonner ou encore Marine Serre, ainsi que des acteurs du retail, de Bergdorf Goodman à Lane Crawford en passant par The Webster.

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