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Trivia // Qu’est-ce que l’upcycling ?

Les créations de Marine Serre / Instagram @marineserre

Il fut un temps où la mode n’avait que faire de l’écologie. Mais puisque tout vient à point qui sait attendre, une nouvelle vague de designers a décidé de prendre le problème à bras le corps et de parier sur l’upcyling. Nouveau mot compte triple d’une industrie en perpétuelle quête de réinvention, la technique consiste à réutiliser des matériaux prééxistants afin de créer des pièces inédites, généralement en édition limitée. En un mot, faire du neuf avec du vieux de manière écolo et chic.

Loin d’être tout frais, le concept existe depuis plusieurs années déjà. Martin Margiela y a eu recours dès ses premières collections au début des années 90, tout comme Maroussia Rebecq, qui a bâti en 2002 sa marque Andrea Crews autour de cette notion. Mais le sujet bénéficie d’un regain d’intérêt alors que les questions environnementales se font de plus en plus pressantes (et qu’on a tous vu le défilé Balenciaga AH20). Éthique, ce qui était il y a quelques saisons encore perçu comme une simple tendance parallèle aux accents bobo-bio fait aujourd’hui figure de critère indispensable pour bon nombre de consommateurs. Face à la demande grandissante, les marques ont dû se pencher sérieusement sur la question.

La jeune garde de la mode mobilisée

Si les grandes maisons mettent plus de temps à embrasser l’upcycling (en raison notamment d’une supply chain bien rôdée à modifier de bout en bout), de jeunes acteurs du monde de la mode revendiquent haut et fort cette approche green. Cheffe de file de cette nouvelle génération de créateurs sustainable, la française Marine Serre a toujours prôné une mode plus responsable. Fan de vintage depuis l’adolescence, elle a toujours chiné des pièces de seconde main qu’elle associait et retravaillait au gré de ses envies. C’est donc tout naturellement que lorsqu’elle a fondé sa marque éponyme en 2017 juste après avoir remporté le Prix LVMH, elle s’est orientée vers une création upcyclée. Une pratique qui représente aujourd’hui environ 50% de sa production. « Mais attention, je ne fais pas de l’upcycling un combat car, pour moi, le vêtement doit d’abord être désirable et portable », rappelait-elle récemment à Madame Figaro. « J’aime aussi imaginer des modèles fonctionnels pour les femmes d’aujourd’hui. Mes vestes sculptées, par exemple, ont le dos en mousse – c’est pratique pour soutenir la colonne vertébrale quand on s’assoit dans le métro. Et ma Futurwear jacket a des poches partout pour ranger rouge à lèvres, bouteille d’eau, portefeuille… et des liserés dans le col pour y glisser les fils de ses écouteurs. Plus besoin de sac à main. C’est aussi un pas vers plus de liberté, non ?« 

Une philosophie écolo également partagée par Amélie Kaszuba. Après une dizaine d’années passées à évoluer dans le secteur du luxe (plus particulièrement celui de la haute maroquinerie) elle fonde en 2017 la marque Entoure Paris. L’idée : repenser la ceinture en cuir, accessoire atemporel, en ne proposant que des modèles créés à partir d’échantillons chinés à la Réserve des Arts, entrepôt de Pantin spécialisé dans la revente de matériaux de seconde main. « L’écologie et le beau sont compatibles ! », expliquait en 2019 cette ancienne pro du marketing passée par chez Louis Vuitton, Jérôme Dreyfuss et John Galliano. « Je veux rendre le durable désirable : c’est un positionnement de conviction. Quand je travaillais dans le marketing pour les grandes maisons de luxe, j’ai constaté que la mode polluait beaucoup. Et cela m’a énormément déplu.« 

Et elles ne sont pas seules. Des Allemands de GmbH aux Bulgares de By Far, la pratique de l’upcycling prend chaque saison un peu plus d’ampleur auprès de la jeune garde de la mode. En cause, l’aspect environnemental bien sûr, mais également un avantage économique : il est bien plus abordable de commencer à travailler à partir de chutes ou d’invendus d’autres marques que d’investir dans de la matière première neuve. Autre bon point, lui aussi non négligeable : chaque pièce étant unique, elle gagne en valeur et ne peut être copiée (pratique pour court-circuiter la fast-fashion). Enfin, témoignage de son époque, l’upcycling permet également à la mode de retrouver son rôle sociétal, reflet des problématiques contemporaines et des habitudes de consommation. Ou comment écrire l’histoire de manière éco-conscious et sauver la planète, une robe à la fois.

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