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Moment // 7 Novembre 1800 : L’ordonnance de 1800 interdit le pantalon aux femmes

L’ordonnance de 1800 interdit le port du pantalon aux femmes / Instagram @condenastarchive

Au XIXe siècle, soit bien avant que le crop-top ne pousse une foultitude de proviseurs à s’accrocher à leurs perles à la simple vue d’un nombril, un autre vêtement causait des tracas à la gent féminine : le pantalon. S’il n’était à l’époque pas la norme, il était cependant déjà favorisé par certaines qui le trouvaient bien plus pratique que les robes à la mode. Mais étant donné qu’une femme émancipée est toujours suspecte, le 7 novembre 1800 (le 16 brumaire an IX), le préfet de police Dubois décrète une ordonnance interdisant le port du pantalon à toute personne de sexe féminin.

Baptisée âprement « ordonnance contre le travestissement féminin », elle avance notamment qu’une femme ne peut quitter « les habits de son sexe que pour raisons de santé ». Et de prévenir : « Toute femme qui, après la publication de la présente ordonnance, s’habillerait en homme, sans avoir rempli les formalités prescrites, donnerait lieu de croire qu’elle aurait l’intention coupable d’abuser de son travestissement. » Ou comment prêter les pires intentions à celles qui font simplement preuve de libre arbitre tout en coupant une frange de la population de l’exercice de certaines professions.

220 ans. Ça remonte me direz-vous. Oui. Sauf qu’il aura fallu attendre 2013 pour que cette ordonnance soit abrogée de manière « implicite » par le Ministère des Droits des Femmes. Sous-titre : concédée sur un coin de table. Avant cette décision, plusieurs recours avaient été déposés, notamment en 1969. Maurice Grimaud, alors préfet de police, avance qu’il « croit sage de ne pas changer des textes auxquels les variations prévisibles ou imprévisibles de la mode peuvent à tout moment rendre leur actualité. »

Problématique futile pour certains, symbolique pour d’autres, cette ordonnance et sa longévité temoignent avant tout d’un immobilisme face à la question de l’égalité des sexes. Et ce sont finalement les femmes qui s’en sont elles-mêmes dépétrées, en osant adopter le pantalon au quotidien. On n’est jamais aussi bien servie que par soi-même.

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