Accéder au contenu principal

Moment // 16 Juin 2016 : Gucci reconnaît (enfin) l’héritage de Tom Ford

Nul n’est prophète dans son pays et ce n’est pas Tom Ford qui dira le contraire. Entre 1994 et 2004, le designer texan a en effet fait de Gucci le mastodonte que l’on connaît aujourd’hui… avant d’être totalement effacé de son histoire quelques années plus tard.

Un « oubli » que la griffe italienne a finalement rectifié le 16 juin 2016, en inaugurant dans son musée de Florence deux nouvelles salles dédiées au travail du designer d’Austin, près de cinq ans après l’inauguration du lieu.

Car si le succès de Tom Ford chez Gucci n’est plus à démontrer, la grande histoire d’amour qui le liait à la maison ne s’est pas bien terminée. Lorsqu’il rejoint la griffe florentine (qui est alors au bord de la faillite) en 1990, le designer est un débutant à l’œil déjà bien aiguisé. Tant et si bien qu’en seulement quatre ans, il gravit tous les échelons et est nommé directeur artistique en 1994. Débute alors une ère nouvelle, durant laquelle le créateur fait de la marque une référence sexy. Aidé de Carine Roitfeld et Mario Testino, il pousse le bouchon toujours plus loin (CETTE campagne SS03) et crée le porno chic, une esthétique moite et chargée en testostérone qui scandalise autant qu’elle fédère. En 1999, il est également à l’origine de l’un des plus grands conglomérats de mode, lorsqu’il fait pencher la balance d’un rachat de Gucci en faveur de PPR (aujourd’hui Kering). Sa mode hédoniste, teintée d’irrévérence réveille la griffe et en fait l’une des marques les plus convoitées du moment.

Oui mais (car il y a toujours un mais). Lorsque l’idylle se termine dans les grincements de dents en 2004, le géant italien oublie tout bonnement l’héritage de son poulain. Et lorsqu’elle inaugure en 2011 son musée à Florence, aucun des travaux de Tom Ford n’y figure. Il faudra attendre 2016 et l’intervention d’Alessandro Michele, actuel DA de la griffe (et que Tom Ford avait personnellement embauché pour grossir les rangs des bureaux londoniens de la marque en 2002) pour que la donne soit rectifiée et que l’héritage du créateur américain soit enfin reconnu à sa juste valeur. Le 16 juin, l’établissement dévoilait en effet une sélection de 54 pièces (choisies par Alessandro Michele lui-même) résumant l’ère Ford. Une première, qui témoigne de l’ouverture d’esprit du designer romain, prompt à accepter que la maison qu’il mène aujourd’hui soit le fruit de plusieurs visions. Ou comment enfin embrasser élégamment son passé.

Le livre pour aller plus loin : « Little Book of Gucci », Karen Homer

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :